Originaire de la région parisienne, né à Argenteuil, Franck Béria aborde le déplacement du LOSC à Paris avec détermination. Le latéral droit des Dogues, actuellement en intérim dans l'axe de la défense lilloise, savoure le fait de revenir fouler la pelouse du Parc des Princes.
Franck, comment envisages-tu ce match à Paris ?
Nous savons que face au PSG, ce sera difficile. C'est une équipe qui a dans l'ensemble été reconduite et complétée par du sang frais. Ils ont recruté quelques joueurs de qualité, tout en parvenant à conserver des éléments importants comme Jérôme Rothen. Et malgré les velléités de départ de Pedro Pauleta, ça reste une équipe redoutable.
Peux-tu rapidement analyser leur début de championnat ?
Les Parisiens ont concédé une sévère défaite face à Lorient (1-3) sur leur pelouse alors qu'ils avaient plutôt commencé solidement leur saison. Mais ne nous trompons pas. C'est une formation qui sait très bien jouer au ballon, avec un apport offensif très intéressant et qui peut s'appuyer sur une bonne assise défensive.
A ton avis, quelles seront les clés de cette rencontre ?
Dans ce match, il va falloir resserrer les lignes, être présents dans les duels, donc être très costauds. Ce n'est pas vraiment original comme approche, car cette attitude est un peu répétitive par rapport à nos autres matchs, mais là, ce sera encore un cran au-dessus.
Originaire d'Ile de France, tu connais déjà un peu les lieux...
Le parc des Princes, c'est toujours un contexte particulier. C'est une cuve avec un gros public qui pousse derrière. Il faudra en faire abstraction. De toutes façons dans le groupe, beaucoup de joueurs ont déjà eu l'habitude d'évoluer là-bas par les différentes rencontres de championnat disputées. Plus personnellement, je connais bien cette enceinte pour y avoir vu des PSG-OM, des matchs de coupe d'Europe ou des rencontres de l'équipe de France quand elle évoluait encore là. A l'époque, c'était la sortie du quartier. En banlieue, nous partions tous rêver quelques heures au Parc.
Statistiquement, Paris est un peu une bête noire du LOSC. Est-ce une inquiétude supplémentaire ?
Même si le LOSC réussi généralement difficilement à obtenir de bons résultats là-bas, je ne suis pas superstitieux. Avec le FC Metz non plus nous ne parvenions pas souvent à nous imposer (sourire). Mais ça fait partie d'un tout. Nous sommes prévenus. Il s'agira d'abord de bien rentrer dans le match car le PSG a pour habitude de réaliser un départ canon, histoire d'enflammer les cinq premières minutes et le stade. Après, au niveau de la constance, il nous sera peut être possible de prendre le dessus. Pour ça, nous devrons être rigoureux et concentrés.
Quels souvenirs gardes-tu de ton premier passage au Parc des Princes ?
Pour mon premier match dans ce stade, qui remonte maintenant à quelques saisons, j'avais été impressionné. Désormais, ça ne me fait plus le même effet. Quand on y repense, c'est sûr que d'évoluer devant sa famille, ses amis, de venir dans ce stade où on a eu l'habitude de voir jouer des Georges Weah ou David Ginola, ça reste excitant. Mis à part ça, je ne suis pas trop de nature à m'épancher sur des souvenirs de ce genre une fois sur la pelouse. Il ne faut pas faire de fixette inutile. Lorsque je suis dans le match, comme dernièrement à Metz, il n'y a plus de copain. Je suis tellement concentré dans ce que je fais que je n'ai pas le temps d'y prêter attention. Comme je l'ai dit, c'est sympa de revoir des visages familiers et de savoir que des gens vont redoubler d'attention sur vous, mais c'est seulement sympa s'il y a un résultat au bout.
Dimanche, certaines de tes connaissances seront donc présentes...
Effectivement. Mes amis avec qui j'ai grandi et ma famille seront dans les tribunes. Je vais donner le maximum pour réaliser un bon match devant eux. Cependant, le plus important reste de gagner pour le club et l'équipe. Si tu n'as pas de résultat ou pas de performance, ça ne sert à rien.
Revenons au terrain et au LOSC. Récemment, tu as été intronisé en défense centrale, avec les absences actuelles d'Adil Rami et de Peter Franquart. Peux-tu nous dire un mot sur cette nouvelle expérience ?
J'ai de bonnes sensations grâce à Nicolas Plestan qui me guide, qui me pilote. Nous avons une excellente entente, il me parle beaucoup. Au niveau des repères, être positionner dans l'axe est évidemment très différent que d'évoluer dans le couloir. Et donc se faire aider par des joueurs comme Nico qui ont de l'expérience, c'est un grand plus. Après, plus spécifiquement, les couvertures de Steph et Taff (ndlr : Stephan Lichtsteiner et Grégory Tafforeau) m'aident également. Jean II (Makoun) décroche aussi pas mal pour venir donner un coup de main. Je suis vraiment bien entouré. Je ne sais pas ce que ça donne de l'extérieur, mais je ne me sens pas perdu car je retrouve des velléités défensives et donc les mêmes vertus qu'en latéral. Le reste, ce sont des détails à peaufiner, à savoir la relance, le placement, les duels, le gain du ballon. Mais il n'y a pas de surprise. C'est celui qui a le plus envie qui parvient à prendre le dessus. Encore une fois, je ne fais pas de fixation là-dessus, je ne m'encombre pas de pensées négatives par rapport à ce nouveau poste. Au contraire, je trouve que c'est très bien car ça rajoute une corde à mon arc. Essayer d'être un peu plus polyvalent permet d'apprendre énormément. Ça m'était déjà arrivé de devoir me déplacer dans l'axe dans le passé, mais les conditions étaient un peu différentes. C'était dans une défense à cinq à l'époque, avec deux stoppeurs et un libéro. Je dois bien avouer que j'affichais beaucoup moins de sérénité que maintenant.
Pour conclure Franck, que penses-tu du début de parcours du LOSC en championnat ?
De nos quatre premiers matchs, j'en tire beaucoup de satisfaction car on a montré plein de belles choses. Pour moi il y a bien plus de points positifs que négatifs. Après, avec l'esprit de compétiteur que nous possédons au LOSC, nous générons quelques regrets par rapport au fait que nous avons toujours envie de mieux faire tout le temps. Par exemple, nous sommes frustrés de n'avoir pas encore pu décrocher notre première victoire à domicile, sans toutefois être passés très loin. Ce n'est que partie remise ! Il faut conserver à tout prix cet état d'esprit, à savoir à la base être costauds défensivement. C'est inutile de vouloir partir dans tous les sens en s'alarmant ou en écoutant ce qui se passe à l'extérieur, ça ne nous fera pas avancer. Il faut rester dans l'optique de nous faire confiance, d'être patient, serein et ça va venir avec le temps.
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